Olivier Faure, Marine Tondelier, Lucie Castets, Clémentine Autain et François Ruffin lors d'une conférence de presse le 15 novembre 2025 à Trappes, dans les Yvelines ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )
Qui veut encore de l'union? L'idée de la primaire souhaitée par une partie de la gauche non-mélenchoniste ne progresse pas, mais ses partisans n'entendent pas abandonner pour autant. Malgré l'officialisation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon et les oppositions en interne.
Mardi soir seront réunis à La Bellevilloise, à Paris, les promoteurs de l'initiative "Front populaire 2027": la patronne des Écologistes Marine Tondelier, son homologue socialiste Olivier Faure, les anciens Insoumis Clémentine Autain (L'Après) et François Ruffin (Debout), Benjamin Lucas (Génération.s) et l'ancienne candidate du Nouveau Front populaire pour Matignon, Lucie Castets.
Hasard du calendrier - ou pas - le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui a fini largement en tête à gauche aux deux dernières présidentielles et ne veut pas entendre parler d'une primaire, a officialisé dimanche sa quatrième candidature à l'Élysée.
Avec un Rassemblement national donné favori dans les sondages pour 2027 et une gauche qui, en cumulé, n'a réuni qu'un petit tiers des voix aux européennes 2024 ou à la présidentielle 2022, les partisans de l'union pensent que seule une candidature unitaire peut permettre à la gauche de s'imposer.
Parmi eux se sont déjà déclarés François Ruffin, Marine Tondelier et Clémentine Autain.
Le premier entend être candidat à la présidence de la République même si la primaire n'aboutit pas et la seconde pourrait être tentée de faire de même. Olivier Faure, lui, ne s'est pas déclaré.
Sans la participation du PS, la primaire serait très mal engagée. La balle est donc dans le camp des socialistes.
Mais si le premier secrétaire Olivier Faure y est favorable, il ne dispose pas de majorité en interne pour impliquer son parti dans ce processus.
Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann et Boris Vallaud le 11 avril 2026 à Montreuil, près de Paris ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
Ses opposants et le chef des députés Boris Vallaud - qui en raison de sa troisième place au dernier congrès du PS a un rôle de faiseur de majorité - y sont opposés.
En réponse, un autre périmètre, plus social-démocrate que la primaire unitaire, s'est dessiné autour de Boris Vallaud, l'ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot et surtout de l'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, possible candidat.
- "Bourbier" -
"Il ne va pas seulement falloir qu'on ait des meetings à la Bellevilloise pour nous réconcilier avec un certain nombre de territoires", a ainsi déclaré Yannick Jadot à l'AFP lundi soir lors d'un déplacement à l'usine ArcelorMittal de Dunkerque.
"À la fin de l'été, on aura une désignation, une incarnation", a-t-il promis.
Mais les atermoiements socialistes fâchent les partisans de la primaire.
"Réveillez-vous!", a lancé mardi matin Clémentine Autain à l'attention des responsables du parti à la rose.
"Aujourd'hui, on a l'impression qu'on est empêtrés dans un congrès du PS", a-t-elle regretté.
Le même agacement avait été exprimé pendant le week-end par Marine Tondelier.
"Si certains au Parti socialiste pensent que, parce que la primaire serait en danger, ce serait une occasion pour eux de faire tout seuls et de faire mieux, ils se trompent très lourdement", a mis en garde la secrétaire nationale des Ecologistes, précisant "ne pas voir" au PS "de talent susceptible de l'emporter seul".
Du côté des Insoumis, on regarde la volonté des unitaires de remettre la machine en marche sans trop d'inquiétude pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
"À la Bellevilloise, il y aura les appels sonores à l'unité et les pensées inquiètes que chacun gardera pour soi: +comment me sauver de ce bourbier?+", tacle le député et cadre insoumis Paul Vannier.
LFI a choisi mardi de publier un communiqué soulignant que "la démarche de +primaire+ a démontré son incapacité à produire autre chose que des divisions et des polémiques supplémentaires".
Et la formation de gauche radicale de tendre la main aux élus écologistes et communistes en leur proposant un appui aux prochaines élections législatives s'ils soutiennent Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle.

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